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Plan de trésorerie prévisionnel : la méthode mois par mois

Le compte de résultat dit si votre projet gagne de l'argent ; le plan de trésorerie dit si vous aurez de quoi payer vos factures chaque mois. C'est le tableau que le banquier lit pour dimensionner son prêt.

Exemples indicatifs. Les chiffres ci-dessous illustrent la méthode ; ils ne remplacent ni vos propres hypothèses, ni l'avis de votre expert-comptable.

Résultat et trésorerie : deux réalités différentes

Une agence de services B2B au démarrage

Exemple simplifié, hors TVA et hors investissements.

Facturé / mois
15 000 €
Charges / mois
12 000 €
Résultat / mois
+3 000 €
Point bas
−24 000 €
MoisEncaisséDécaisséSolde cumulé
Mois 10 €12 000 €−12 000 €
Mois 20 €12 000 €−24 000 €
Mois 315 000 €12 000 €−21 000 €
Mois 415 000 €12 000 €−18 000 €

Les clients paient à 60 jours : la facture du mois 1 n'est encaissée qu'au mois 3. L'agence est bénéficiaire dès le premier mois, mais elle doit disposer d'au moins 24 000 € pour tenir jusqu'au premier encaissement.

La structure d'un plan de trésorerie

Le plan se présente mois par mois, au moins sur la première année. Pour chaque mois : trésorerie de début, encaissements, décaissements, trésorerie de fin.

EncaissementsDécaissements
Ventes TTC, au mois où elles sont payéesAchats et charges externes TTC, au mois où ils sont réglés
Apports en capital et en compte courantSalaires nets et cotisations sociales
Déblocage des prêtsRémunération et cotisations du dirigeant
Subventions et avances remboursablesTVA reversée, acomptes d'impôt sur les sociétés
Remboursement de crédit de TVAÉchéances d'emprunt (capital et intérêts), investissements TTC

Les dotations aux amortissements n'y figurent pas : elles réduisent le résultat sans sortie d'argent. À l'inverse, le remboursement du capital d'un emprunt sort de la trésorerie sans être une charge.

TVA, impôt et cotisations : les décalages à connaître

  • TVA au régime réel normal : déclaration et paiement chaque mois. Au régime simplifié, deux acomptes en juillet et en décembre, calculés sur la TVA de l'année précédente, puis une régularisation avec la déclaration annuelle. La première année, faute de référence, une grande partie de la TVA peut n'être payée qu'avec cette déclaration annuelle : il faut la provisionner.
  • Prestations de services : la TVA est due à l'encaissement, sauf option pour les débits. Ventes de biens : elle est due à la livraison.
  • Impôt sur les sociétés : pas d'acompte le premier exercice ; ensuite, quatre acomptes trimestriels (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre) dès que l'impôt de l'exercice précédent dépasse 3 000 €, et le solde le 15 du quatrième mois suivant la clôture (15 mai pour un exercice clos le 31 décembre).
  • Cotisations des salariés : payées chaque mois avec la déclaration sociale nominative, le mois suivant le versement des salaires.
  • Dirigeant non salarié : les premières cotisations sont provisionnelles ; la régularisation sur les revenus réels intervient plus tard et peut peser lourd en deuxième ou troisième année.

Le point bas : le chiffre que le banquier cherche

Le point bas est le solde de trésorerie le plus faible de la période. Le financement demandé (apports et prêt) doit couvrir ce point bas, plus une marge de sécurité : deux à trois mois de charges fixes est un repère courant pour absorber un retard de paiement ou un démarrage plus lent.

Les erreurs fréquentes

  1. Raisonner hors taxes : la trésorerie se calcule TTC, la TVA entre puis ressort.
  2. Encaisser les ventes le mois de la facture alors que les clients paient à 30 ou 60 jours.
  3. Oublier les décalages fiscaux et sociaux : TVA de la première année, régularisation des cotisations du dirigeant, acomptes d'impôt.
  4. Supposer le prêt disponible au premier jour : le déblocage intervient souvent plusieurs semaines après l'accord.
  5. Ne prévoir aucune marge : un plan qui finit à zéro au point bas ne résiste à aucun imprévu.

Ce que regarde la banque

Le banquier rapproche le point bas du financement demandé, vérifie que les délais clients et fournisseurs sont cohérents avec le BFR, et que la trésorerie reste positive sans recours permanent au découvert. Un plan mensuel clair rassure davantage qu'un simple total annuel.

Trésoreriedébut de moisEncaissementsTTC du moisDécaissementsTTC du moisTrésoreriefin de mois
Calcul mois par mois du plan de trésorerie prévisionnel

Votre plan de trésorerie calculé mois par mois

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Questions fréquentes

Sur combien de mois faire un plan de trésorerie ?
Au minimum douze mois détaillés mois par mois pour la première année. Les années suivantes sont généralement présentées en annuel dans le plan de financement à trois ans.
Quelle différence entre plan de trésorerie et plan de financement ?
Le plan de financement vérifie, année par année, que les ressources stables couvrent les besoins durables (investissements, BFR). Le plan de trésorerie suit, mois par mois, les entrées et sorties d'argent pour repérer les tensions de court terme.
Faut-il inclure la TVA dans le plan de trésorerie ?
Oui. Les encaissements et décaissements sont TTC, et la TVA reversée à l'État (ou le crédit de TVA remboursé) apparaît sur une ligne dédiée, au mois de son paiement.
Que faire si la trésorerie devient négative ?
Augmenter les apports ou le prêt pour couvrir le point bas, négocier des acomptes clients, étaler certains investissements ou décaler des embauches. Un découvert ne doit couvrir que des écarts ponctuels.

Pour aller plus loin